Danse d’atomes d’or

Le temps coule comme dans un sablier, de haut en bas, je ne peux lui faire aucune obstruction. C’est le début ou c’est la fin, une chose est sûre, nous sommes à la croisée des chemins. Je me sens hébétée, je relève la tête, balance mes cheveux en arrière, je me masse le crâne, je cherche la douceur.

Je jongle.

Je jongle entre l’angoisse et le désir.

J’humidifie mes lèvres avec ma langue et ma salive, ce qui se passe au fond de soi ne peut pas toujours se dire et toutes nos failles n’auront pas d’explications.

Fini de gesticuler.

Je tire un livre de ma bibliothèque, de quoi permettre à mon sang de recharger ses batteries. J’aime beaucoup Olivier Liron. Je l’ai rencontré à Quiberon. J’ai lu ses deux romans et j’aime beaucoup vraiment.

Parce qu’il ressent tout très fort et je peux me mettre à sa place, ça oui, je peux, je suis une machine à ressentir.

Parce que chaque phrase est une déclaration d’amour à la poésie qui permet de survivre à tout, ou presque.

Parce que chaque page nous rappelle nos grands moments. Quand on faisait l’amour par terre, quand on prenait des cafés dans n’importe quel café, quand on s’étreignait sans crainte. Ça nous rappelle l’urgence de vivre. Après comme on dit, c’est trop tard, après l’autre part, après on meurt.

Danse d’atomes d’or est un roman où tourbillonne la passion. Je pourrais vous raconter l’histoire, vous expliquer que ça s’inspire du mythe d’Orphée et d’Eurydice et des chorégraphies de Pina Bausch. Le personnage principal tombe amoureux de Loren, une trop belle acrobate de cirque, ils vivent ensemble une passion torride et absolue et puis un jour elle disparait sans prévenir. C’est d’une beauté à couper le souffle.

La beauté ça n’empêche pas de pleurer, ça chasse les mauvaises pensées. Ça laisse des marques lisses sur les visages des hommes. Ça redonne de l’espoir. Je ne sais pas trop quoi dire sinon, sur le reste, sur ces jours à venir. Je ne comprends rien et j’ai renoncé à comprendre. “Il y a la guerre et il y a la danse.” A ce propos Olivier Liron m’a dit: “La beauté et la révolution ne sont pas incompatibles.” Ça m’a plu… “Il faut traverser. Il faut entrer dans l’eau trouble. Il faut entrer dans le miroir.” Voilà. Être sincère.

Danse d’atomes d’or. Olivier Liron. Alma Editeur.